Pourquoi participez-vous, mercredi, à la Conférence métropolitaine de Bertrand Delanoë, alors que vous la boycottiez jusqu’ici ?
Je dirai que la définition d’un Grand Paris ne doit pas être classiquement territoriale, mais construite sur de grands projets, permettant la relance de l’emploi, de la croissance, du logement, des transports… en petite comme en grande couronne. Avant de penser à la structure, il faut d’abord se mettre d’accord sur ces grands projets. J’ai proposé la création d’un ou de deux grands campus universitaires, d’un grand pôle d’affaires à l’Est (Val-de-Marne ou Seine-et-Marne), d’une ou de deux écopolis en grande couronne. Je défends non seulement Métrophérique, en proche couronne, mais aussi la rocade ferrée SNCF reliant les tangentielles.
Bien sûr, je soutiens à fond le développement d’un grand pôle d’innovation et de technologie sur le plateau de Saclay, ou encore le pôle aéroportuaire de Roissy, souhaités par le président de la République. Le Grand Paris doit être une chance à saisir, au-delà des clivages politiques. Et surtout, il faut absolument refuser l’enfermement de Paris sur lui-même, ou sur les communes limitrophes. Une marginalisation de la grande couronne remettrait en cause la totalité des solidarités en Ile-de-France.
Cette Conférence métropolitaine a pour thème la « gouvernance de la métropole »…
La priorité, ce sont les projets. Après, on réfléchira à un modèle le plus léger possible. Je ne crois pas à la création d’une nouvelle entité territoriale qui se rajouterait au mille-feuilles déjà très lourd en Ile-de-France. Imaginons une structure ad-hoc, définie par une loi-cadre – en 2009 -, qui regrouperait tous les acteurs et permettrait des actions et des financements complémentaires. Aujourd’hui, les contraintes légales et réglementaires sur les grands chantiers nous freinent : nous mettons des années de plus qu’il y a vingt ou trente ans pour réaliser des opérations. Or, nous sommes en compétition avec le Grand Londres, Berlin, Barcelone, Amsterdam… Il faut donc une loi-cadre pour faciliter les grands chantiers par des dérogations aux normes et aux règles trop tatillonnes.
Propos recueillis par Bertrand Gréco
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